Troisième jour du Festival International du Film Francophone de Namur, et troisième grand choc émotionnel pour l’équipe de Radio Solidarité. Avec Muganga – Celui qui soigne, de Marie-Hélène Roux, le FIFF nous confronte à la réalité la plus crue — celle des violences sexuelles utilisées comme armes de guerre — tout en nous rappelant que l’art peut être un acte de résistance. Un film qui soigne les corps… mais surtout les consciences.
Deux phrases, simples et déchirantes, qui résument l’essence du film. Muganga, en swahili, signifie celui qui soigne. Mais ici, le soin va bien au-delà du geste médical : c’est une quête de dignité, de justice et de mémoire.
La réalisatrice Marie-Hélène Roux s’inspire de la vie du docteur Denis Mukwege, Prix Nobel de la Paix 2018, et de son ami belge Guy-Bernard Cadière. Ensemble, ils soignent les femmes victimes de viols et de mutilations en République démocratique du Congo (RDC). Un film fort, pudique, parfois insoutenable, mais d’une beauté humaine rare.
La réalité dépasse la fiction
“On détourne parfois le regard, on pense que ce n’est pas possible. Et pourtant, la réalité dépasse la fiction.” — Laurent Frémal, Radio Solidarité
Pendant la projection, la salle a retenu son souffle. Les larmes ont coulé, les cœurs se sont serrés. Et quand le générique s’est affiché, le public s’est levé — standing ovation. Des applaudissements longs, nourris, comme pour remercier le courage des femmes du Congo… et de toutes celles qui, à travers le monde, subissent encore le viol comme arme psychologique et politique.
“Ce film à lui seul est une arme — pacifique, artistique — pour dire STOP. En RDC, mais partout sur la planète.”
Une création habitée
Le tournage de Muganga n’a pas été un long fleuve tranquille : 10 ans de travail, deux pays, une pandémie, et une équipe portée par la conviction qu’un film peut changer des vies.
La productrice Geneviève Lemal l’a rappelé :
“La majorité des gens ont laissé tomber. Mais Marie-Hélène et Cynthia ne sont pas parties. Elles ont tenu bon, et c’est exceptionnel.”
La réalisatrice, elle, confie :
“Je ne suis pas pour la violence gratuite. Mais si l’on veut parler de la lumière, il faut traverser l’ombre. Pour suivre le cheminement vers la guérison, il faut d’abord regarder le mal en face.”
Tourné au Gabon, où l’équipe a reconstruit l’hôpital Panzi, le film réunit des actrices professionnelles et des femmes locales. “Elles sont les véritables étoiles du film”, confie Dada Stella, elle-même militante de longue date pour la paix.
Des comédiennes qui portent le monde
L’actrice Babetida Sadjo, bouleversante, raconte avec sincérité :
“J’ai voulu commencer par la scène du viol. Pas pour m’en débarrasser, mais pour que toute l’équipe comprenne ce qu’on portait. Ce film, ce n’est pas un film. C’est une arme de construction. Je porte encore ce traumatisme dans mon corps.”
Ces mots ont ému la salle entière. Le public a pleuré, mais aussi applaudi debout cette parole libre et courageuse.
Une spectatrice congolaise a pris le micro :
“Merci. Parce que vous venez de créer un film d’utilité publique. En tant que femme congolaise, je n’ai pas de mots.”
Le cinéma comme outil de paix
Grâce au film, le docteur Mukwege est revenu récemment à Kinshasa après neuf mois d’exil. Une projection prévue pour 500 personnes a dû être déplacée dans une salle de 2 000 places, pleine à craquer.
“Grâce à ce film, le gouvernement était en train de se réconcilier”, raconte Dada Stella.
Et Marie-Hélène Roux d’ajouter :
“Beaucoup de salles ne voulaient pas le montrer. On nous disait ‘ça dérange’. Mais il faut être dérangé. Aujourd’hui, le public demande du sens.”
Même Angelina Jolie, engagée auprès de la fondation Panzi, a accepté de s’associer au projet pour en renforcer la visibilité internationale.
Un film à partager, à faire vivre
Muganga – Celui qui soigne est bien plus qu’un récit : c’est un cri pour l’humanité. Un film qui rappelle que la solidarité est universelle, et que la guérison ne se fait jamais seul.
“Ne laissez pas ce film vous quitter. Parlez-en autour de vous.” — Babetida Sadjo
Parce qu’à quelques heures d’avion de nous, des milliers de femmes vivent encore ce drame. Parce qu’un film comme celui-là ne se regarde pas seulement : il se partage, il s’honore, il se prolonge.
À suivre sur Radio Solidarité
Distribution
Titre complet :Muganga – Celui qui soigne
Réalisation : Marie-Hélène Roux
Scénario : Marie-Hélène Roux & Jean-René Lemoine
Avec : Isaach de Bankolé, Vincent Macaigne, Babetida Sadjo, Dada Stella, Manon Bresch, Déborah Lukumuena
Pays : France / Belgique
Durée : 1h45
Distribution : L’Atelier Distribution
Sortie Belgique : décembre 2025
Un film qui soigne le silence
Muganga – Celui qui soigne est une arme pacifique — celle du cinéma, de l’art et de la solidarité. Il ne se contente pas de montrer : il soigne. Et à Namur, ce soir, le public debout a prouvé que la lumière passe encore, même à travers les plaies du monde.
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Parfois, le cinéma se fait silence. Il se fait écoute. Et c’est exactement ce que propose On vous croit, le film belge signé Charlotte Devillers et Arnaud Dufeys, présenté en avant-première au 40ᵉ Festival International du Film Francophone de Namur.
Un décor minimaliste. Des visages. Des mots. Et surtout, des silences qui en disent long. On vous croit n’est pas un film à grand spectacle, ni un drame tapageur. C’est une plongée dans le système judiciaire et dans les zones grises de la vérité, où la parole des victimes — souvent des enfants — se heurte à la lourdeur des procédures, à l’incrédulité parfois, et à la mécanique froide des institutions.
Un film à écouter
Le film se déroule presque entièrement dans des salles d’audition, des bureaux, des espaces confinés. La caméra ne bouge presque pas : elle écoute. Cette lenteur volontaire, que certains pourront trouver pesante, fait toute la force du récit. Elle nous oblige à ressentir la tension, la fatigue, le doute.
Les gros plans sur les visages deviennent alors des miroirs : on y voit la peur, la colère, parfois la lassitude. Ces expressions, captées dans le silence, donnent une puissance incroyable à cette violence psychologique ou invisible que le film met en lumière. Ici, chaque battement de cil, chaque soupir devient un cri étouffé.
C’est un film de parole et d’attention, une œuvre qui parle de ce que signifie croire quelqu’un — et du courage que cela demande, des deux côtés de la table.
Le miroir d’un système
Au-delà du drame individuel, On vous croit jette un regard lucide sur le fonctionnement de la justice, sur ses lenteurs, ses contradictions, et parfois son impuissance. Entre l’écoute et la suspicion, entre la bienveillance et la froideur institutionnelle, le film explore la frontière fragile entre vérité et perception. Les réalisateurs ne jugent pas : ils montrent, avec une sobriété presque documentaire, la complexité d’un monde où chaque mot devient une preuve, et chaque silence, une arme.
Un film nécessaire
Dans la salle, on sentait la tension du public, la retenue des applaudissements avant qu’ils n’éclatent. Car On vous croit ne laisse personne indifférent. C’est un film lent, parfois déroutant, mais nécessaire. Un film qui, à sa manière, donne la parole à ceux qu’on n’écoute pas assez, et qui rappelle que la justice n’est pas qu’une institution : c’est une rencontre humaine.
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Deuxième jour du FIFF, et déjà un moment suspendu. Avec Animal Totem, Benoît Delépine signe un film rare, un de ceux qui respirent lentement, écoutent le vent, et rappellent à l’humain qu’il n’est qu’un invité parmi d’autres sur cette planète. À la sortie de la projection, le public est resté longtemps silencieux, comme pour prolonger la marche de Darius, interprété par un Samir Guesmi bouleversant d’humanité.
« Il y avait une usine de bitumineux qui menaçait de s’installer près de chez moi, » explique Benoît Delépine, « et avec des habitants, on s’est battus. L’usine ne s’est pas faite, mais j’étais tellement en rage que j’ai eu besoin de me venger symboliquement, artistiquement. » De cette lutte locale est né un film universel : une marche lente, poétique, mais chargée de sens. Une œuvre qui parle de polluants éternels, de cancers, de pesticides… et surtout d’espoir.
Le regard des animaux, le silence des hommes
Animal Totem est un film sans excès, presque sans dialogues, où l’on apprend à écouter autrement. « Ce n’est pas un film sur la nature, c’est un film avec la nature, » résume un spectateur. Les animaux y sont des guides, les paysages des confidents. Delépine parle de « fable » plutôt que de fiction : « C’est un conte. Dans toute fable, il faut un ogre. Moi, je voulais qu’on voie le prédateur et la proie, et que ce rapport s’inverse. »
“Les enfants, nous sommes en train de les oublier”
C’est la phrase la plus forte du film. Une réplique que Samir Guesmi avoue avoir eu du mal à prononcer :
« On a refait plusieurs prises… Je n’y arrivais pas. C’est comme si je ne voulais pas me dire une chose pareille. » Et Benoît Delépine d’ajouter : « C’est un film pour les enfants, pour l’avenir des enfants. Je me sens redevable d’eux. On ne leur fait pas un cadeau avec ce qu’on fait. »
Ces mots résonnent comme une alarme douce, un rappel à la responsabilité. La salle a retenu son souffle. Un moment d’émotion rare, simple, vrai.
Tourner autrement
Sur le tournage aussi, l’équipe a voulu être cohérente :
« Plus de bouteilles en plastique, chacun sa gourde, moins de trajets inutiles, un budget réduit, mais un vrai bilan carbone quasi nul, » explique Delépine. « L’écologie, c’est faire moins : moins consommer, moins gaspiller, mais filmer mieux. »
L’acteur renchérit : « On finissait nos assiettes, on allait à pied quand c’était possible… et on riait beaucoup. »
Entre poésie, révolte et solidarité
Ce film, c’est une marche intérieure. Une façon de dire “non” sans hurler, de regarder sans accuser. Benoît Delépine le dit sans détour :
« On ne peut pas continuer comme ça. On détruit la nature, on oublie nos enfants. Mais je crois encore au bon sens, à la solidarité, à la jeunesse. »
Et quand on lui demande comment il voit l’avenir du genre humain :
« Il va continuer à se débattre, à tomber et à se relever… On a la tête sous l’eau, mais on finira par ressortir, peut-être avec des poissons dans la bouche. » Une image absurde, drôle et bouleversante, à l’image du film.
Quand l’art devient acte de résistance.
Animal Totem n’est pas seulement un film sur l’écologie. C’est un acte de résistance poétique, une fable sur la responsabilité collective, et un appel à la solidarité entre générations. À travers le regard d’un homme et d’un renard, Delépine nous invite à repenser notre place dans le monde.
Un film pour celles et ceux qui croient encore qu’un cinéma sincère peut changer les consciences.
Sortie officielle en France de Animal Totem est prévue pour le 10 décembre 2025.
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Trois salles combles pour lancer le 40e Festival International du Film Francophone de Namur. Le public, passionné de 7ᵉ art, a découvert en avant-première Les Baronnes, coréalisé par Nabil Ben Yadir et Mokhtaria Badaoui, sa mère. Seize ans après Les Barons, c’est désormais un regard féminin et intergénérationnel qui ouvre le festival.
Le film suit Fatima, 65 ans, qui découvre que son mari mène depuis plus de dix ans une double vie au Maroc. Brisée mais pas vaincue, elle décide de reprendre sa vie en main grâce au théâtre. Rejointe par ses amies Mériem, Romaissa et Inès, quatre grand-mères de Molenbeek montent sur scène et bouleversent leur quotidien, leurs familles et même leur quartier.
Un film qui fait vibrer
C’est une œuvre dans laquelle chacun peut se reconnaître. On passe du rire aux larmes, de la joie à la tristesse, de la légèreté à la remise en question. Tout ce qui fait la vie est là. Difficile de ne pas penser à la petite phrase d’un président de parti qui prétendait qu’on pouvait faire de grands films avec une GoPro et que le cinéma belge coûtait trop cher. Ici, la réponse est évidente : ce n’est pas la caméra qui compte, mais l’histoire et l’émotion qu’elle transmet.
Entre théâtre, danse et poésie, le film ose. On retrouve la patte du chorégraphe Sidi Larbi Cherkaoui, qui donne au récit une dimension presque onirique. Le casting, porté par Saadia Bentaïeb et des comédiennes débutantes, frappe par sa sincérité et son naturel.
Paroles de l’équipe
Sur scène, Nabil Ben Yadir a fait un clin d’œil à son premier long métrage :
« Après Les Barons il y a 16 ans, il fallait donner la parole aux mères et aux grands-mères. Ma mère m’avait dit : “si toi tu ne les filmes pas, qui le fera ?”. Coréaliser avec elle était une évidence, et une liberté. »
Mokhtaria Badaoui a rappelé combien ce projet est nourri de son engagement associatif et de son envie de rendre visibles des femmes trop souvent oubliées.
Les actrices, encore bouleversées par l’aventure, ont témoigné :
« Ce n’est pas à nos âges qu’on croit encore pouvoir réaliser un rêve d’enfant. Grâce à ce film, nous l’avons fait. Nous espérons que le public aimera ce film autant que nous avons eu du plaisir à le tourner. »
Et de conclure sur une phrase qui résonne :
« Il n’y a pas d’âge pour réaliser ses rêves. »
Les mots du président et de la déléguée générale
Le président du FIFF, Jean-Louis Close, a insisté sur l’importance de soutenir la culture dans un contexte difficile :
« Ce n’est pas la joie dans les budgets publics. Mais la culture est essentielle pour nos enfants et nos petits-enfants. On a besoin de lieux d’échange, de films, de lectures, d’animations. »
La déléguée générale Nicole Gillet a, quant à elle, rappelé la vocation du FIFF :
« Dès ses débuts, le festival s’est imposé comme un carrefour pour les cinéastes émergents. Pour cette 40e édition, nous avons voulu renforcer la lumière sur la jeune génération, tout en rendant le festival plus inclusif et ouvert à tous. »
Une continuité symbolique
En 2009, Les Barons ouvraient le FIFF. En 2025, ce sont Les Baronnes qui marquent l’ouverture du 40e anniversaire. Une belle continuité qui montre l’évolution d’un cinéma belge à la fois populaire, engagé et profondément humain. Les jeunes diront sans doute : « les daronnes ! »
Plus qu’un film, un symbole
Choisir Les Baronnes pour lancer le FIFF, c’est envoyer un message clair : le cinéma belge est vivant, audacieux, et essentiel. C’est une histoire de femmes, de liberté, de rêves qui ne connaissent pas d’âge. Une œuvre qui prouve que, même dans un climat politique et culturel tendu, l’art reste un espace vital de solidarité et de création.
Sortie en salles le 3 décembre 2025, distribuée par Cinéart.
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Chaque semaine, je vous propose un édito qui invite à la réflexion. Ensemble, nous prenons un moment pour regarder ce qui se passe dans le monde et essayer de mieux comprendre les grands sujets d’actualité.
L’idée n’est pas seulement de donner mon point de vue, mais aussi de vous faire réfléchir, de vous questionner, et surtout de vous permettre d’en parler autour de vous. Car réfléchir seul, c’est bien, mais réfléchir ensemble, c’est encore mieux.
Dans un esprit solidaire et ouvert, je vous présente chaque semaine un thème qui me touche ou qui fait débat. Ensuite, je développe pourquoi c’est important et ce que cela change pour nous tous, ici et ailleurs.
Alors, prenez un café ou un thé, installez-vous, et laissez-vous guider par cette réflexion du jeudi. Ensemble, faisons vivre la solidarité et le partage des idées.
Demain, Namur va vibrer. Les rues vont résonner d’accents venus d’ailleurs, les regards vont se croiser dans les salles obscures, et les histoires du monde entier vont s’inviter chez nous. Le Festival International du Film Francophone fête ses 40 ans. Quarante ans, c’est beaucoup dans la vie d’un festival : c’est une génération de cinéastes révélés, des milliers de films projetés, des millions de spectateurs touchés. Le FIFF, c’est une mémoire collective autant qu’une fête populaire.
Mais cette année, derrière la fête, il y a une inquiétude. Le FIFF, comme tant d’autres rendez-vous culturels, doit faire avec moins. Moins de budget, donc moins de films, moins d’invités confirmés, des programmations repensées en urgence. C’est ce qu’on appelle pudiquement « se serrer la ceinture ». Et ce n’est pas anodin : si un festival aussi reconnu doit se réduire, imaginez la fragilité de toutes ces petites structures culturelles qui, elles, n’ont pas de projecteurs pour attirer l’attention.
La culture est en danger. On le voit ici, mais aussi ailleurs : en Suisse, on supprime des partenariats culturels à l’étranger ; en Belgique, on coupe dans les budgets de la Fédération Wallonie-Bruxelles ; un peu partout en Europe, des festivals disparaissent faute de soutien. Comme si la culture devenait une variable d’ajustement, qu’on rogne quand il faut économiser. Or, réduire la culture, ce n’est pas réduire du « superflu » : c’est fragiliser ce qui nous relie, ce qui nous fait grandir, ce qui nous aide à comprendre le monde et à rester debout dans des temps incertains.
Et pourtant, malgré tout, le FIFF est là. Quarante ans et toujours debout. Avec des équipes passionnées qui trouvent des solutions, qui transforment les contraintes en opportunités : moins de films, mais plus de séances pour permettre au public de voir les œuvres primées. Moins de moyens, mais toujours cette envie d’ouvrir les portes, de faire de Namur une capitale du cinéma francophone pendant une semaine.
C’est ça, la force de la culture : elle plie, mais elle ne rompt pas. Elle survit aux crises, aux coupes budgétaires, aux discours qui voudraient la réduire à une dépense inutile. Elle survit parce qu’elle s’appuie sur quelque chose de plus fort que les chiffres : le désir des artistes de créer, et le besoin des spectateurs d’être touchés, émus, bousculés.
Alors oui, il y a danger. Oui, il faut le dire haut et fort : si nous ne soutenons pas nos festivals, nos théâtres, nos associations, demain il sera trop tard. Mais il y a aussi un message d’espoir. Le FIFF qui souffle ses 40 bougies malgré les tempêtes, c’est la preuve que la culture résiste. Et cette résistance, elle ne tient pas qu’aux budgets : elle tient à nous, au public, aux citoyens, à notre capacité de dire : nous avons besoin d’elle, et nous serons là pour la défendre.
Alors fêtons ce 40ᵉ FIFF. Allons voir les films, rencontrons les artistes, remplissons les salles. Montrons que, même quand on veut la faire taire, la culture continue de parler fort. Parce que sans elle, ce n’est pas seulement un festival qui s’éteint : c’est une part de nous-mêmes qui disparaît.
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