Quand on commence à chercher du travail, généralement, on est motivé.
On remet son CV en ordre, on regarde les offres, on envoie les premières candidatures. On se dit que ça va bien finir par marcher.
Puis les jours passent.
On envoie un CV. Pas de réponse.
Un deuxième. Toujours rien.
Et puis arrive parfois le fameux mail : « Malgré la qualité de votre candidature, nous avons décidé de… »
On connaît la suite.
Au début, on encaisse. Mais quand ça se répète pendant des semaines, parfois pendant des mois, forcément, les questions commencent à arriver.
Pourquoi on ne me répond pas ? Qu’est-ce qui ne va pas dans mon CV ? Est-ce mon âge ? Mon expérience ? Mon manque d’expérience ? Est-ce que je demande trop ? Est-ce que je ne me présente pas correctement ?
Et finalement, la question qui fait le plus mal : est-ce que quelqu’un a encore envie de m’engager ?
C’est aussi ça, chercher un emploi. Et on n’en parle peut-être pas assez.
À force de chercher, on finit parfois par douter de soi
Recevoir un refus n’est jamais agréable.
Quand c’est le dixième, le vingtième ou quand personne ne prend même la peine de répondre, c’est encore autre chose.
On finit par prendre les choses personnellement.
Pourtant, on ne sait généralement pas ce qui s’est passé derrière une offre.
Il y avait peut-être cinquante candidatures. Une personne avait exactement l’expérience recherchée. Quelqu’un travaillait déjà dans l’entreprise. Le recrutement a changé en cours de route. Le poste a finalement été supprimé.
Ou, tout simplement, cette fois-ci, quelqu’un d’autre a été choisi.
Cela ne veut pas dire que vous ne savez rien faire.
Parce qu’il y a quelque chose qu’on oublie facilement quand on est sans emploi : nos compétences ne disparaissent pas le jour où notre contrat s’arrête.
Tout ce qu’on a appris avant est toujours là.
Et il n’y a pas que les diplômes.
Savoir travailler en équipe, conduire, accueillir des personnes, organiser une journée, utiliser des machines, cuisiner, réparer, gérer un conflit, prendre des responsabilités, apprendre rapidement…
Tout ça compte aussi.
Passer huit heures par jour à chercher ne donnera pas forcément plus de résultats
Il y a aussi cette pression.
Quand on est sans emploi, on peut avoir l’impression qu’il faudrait chercher du matin au soir pour prouver qu’on fait tout ce qu’il faut.
Mais chercher un emploi pendant huit heures devant un écran, c’est épuisant.
Au bout d’un moment, on ne lit même plus correctement les annonces. On envoie le même CV un peu partout en espérant qu’un employeur finira bien par répondre.
Il vaut parfois mieux prendre le temps de répondre correctement à quelques offres qui correspondent vraiment à son profil.
Et ensuite fermer l’ordinateur.
Oui, fermer l’ordinateur.
Aller faire les courses, sortir marcher, boire un café avec quelqu’un, faire du sport, bricoler, cuisiner, s’occuper de ses enfants ou simplement faire autre chose.
On a le droit d’avoir une journée qui ne tourne pas entièrement autour de la recherche d’emploi.
Parlez-en autour de vous
On imagine souvent que chercher du travail, c’est ouvrir un site d’emploi et envoyer des CV.
Mais beaucoup de choses passent encore simplement par les gens.
Un ancien collègue qui entend parler d’un poste. Un ami qui connaît quelqu’un. Une association qui cherche une personne. Une entreprise près de chez vous à laquelle vous n’auriez jamais pensé.
Alors dites simplement autour de vous ce que vous recherchez.
Pas besoin d’un grand discours :
« Pour le moment, je cherche du travail dans tel domaine. Si jamais tu entends parler de quelque chose, pense à moi. »
C’est tout.
Et parfois, c’est comme ça qu’une porte s’ouvre.
Le plus difficile, c’est parfois le regard des autres
Il y a une question que beaucoup de personnes sans emploi finissent par détester :
« Alors, tu as trouvé ? »
La personne qui la pose ne pense généralement pas à mal.
Mais quand on cherche depuis plusieurs mois, répondre encore une fois « non » peut devenir lourd.
On commence parfois à éviter certaines personnes. On sort moins. On n’a plus envie d’expliquer sa situation.
Et quand les moyens financiers diminuent, les sorties diminuent aussi.
Petit à petit, on peut se retrouver beaucoup plus seul qu’avant.
C’est justement à ce moment-là qu’il est important de garder des contacts et des activités quand c’est possible.
Pas pour pouvoir ajouter une ligne supplémentaire sur son CV.
Simplement parce qu’avant d’être demandeur d’emploi, on est une personne qui a besoin de voir du monde, de parler, de rire et de faire des choses.
Et peut-être qu’il faut simplement essayer autrement
Si vous envoyez des dizaines de candidatures et que rien ne bouge, ça vaut peut-être la peine de regarder votre façon de faire.
Faites lire votre CV à quelqu’un.
Pas nécessairement à un spécialiste.
Demandez simplement : « Quand tu regardes mon CV pendant trente secondes, tu comprends ce que je sais faire et ce que je cherche ? »
La réponse peut déjà être intéressante.
Regardez aussi les offres auxquelles vous répondez.
Est-ce que vous postulez parce que le travail vous correspond réellement ou parce qu’il faut absolument envoyer des candidatures ?
Et si quelque chose ne fonctionne pas, changez-le.
Le CV. La façon de répondre. Les entreprises contactées. Les secteurs visés.
Tester autre chose ne veut pas dire repartir de zéro.
Cette semaine, on peut déjà essayer cinq petites choses
Pas besoin de révolutionner toute votre recherche.
Relisez votre CV tranquillement et demandez-vous si quelqu’un qui ne vous connaît pas comprend rapidement ce que vous savez faire.
Choisissez ensuite deux ou trois offres qui vous intéressent vraiment et prenez le temps d’y répondre correctement.
Parlez de votre recherche à une personne que vous connaissez.
Prenez aussi une feuille et notez ce que vous savez réellement faire. Vous serez peut-être surpris de voir que la liste est plus longue que vous ne le pensiez.
Et puis accordez-vous aussi du temps pour autre chose.
Sans culpabiliser.
Vous n’avez pas trouvé… pour le moment
Quand une recherche dure, on finit facilement par dire :
« Je ne trouve pas de travail. »
Essayons d’ajouter deux petits mots :
« Je n’ai pas encore trouvé. »
Cela ne va évidemment pas faire arriver un contrat demain matin.
Cela ne paiera pas les factures non plus.
Et il ne s’agit surtout pas de faire croire qu’il suffit de « penser positif » pour que tout s’arrange. La réalité est bien plus compliquée que ça.
Mais une période sans emploi ne doit pas finir par définir la personne que vous êtes.
Vous avez travaillé avant, peut-être étudié, élevé des enfants, aidé des proches, appris un métier, changé de voie, connu des réussites et probablement aussi quelques échecs.
Vous avez une histoire.
Aujourd’hui, vous cherchez du travail.
C’est votre situation actuelle.
Ce n’est pas votre identité.
Alors continuez à chercher, à essayer, à pousser quelques portes.
Mais surtout, entre deux candidatures, n’oubliez pas de vivre.