Sous la pluie, sous la grêle, entre deux éclaircies et des rafales de vent, les rues de Namur ont pourtant continué à vibrer. À Namur en Mai, le public était là. Présent. Fidèle. Assis parfois trempé devant les spectacles, mais toujours debout quand il fallait applaudir.
Et cette année, au cœur des pavés namurois, une délégation venue du Québec est venue observer, rencontrer, découvrir… et surtout partager une même vision des arts de la rue : un art populaire, vivant, profondément humain et social.
Car derrière les acrobaties, les clowns, les marionnettes géantes ou les performances absurdes, les arts de la rue racontent toujours quelque chose de notre société.
Et entre Namur et le Québec, le dialogue semblait évident.
Le Québec invité à Namur : bien plus qu’un échange culturel
Pour cette 30e édition de Namur en Mai, plusieurs compagnies québécoises avaient fait le déplacement : Combat, Caisse 606, What’s Next ou encore La Guerre des Boutons.
Mais derrière les spectacles, il y avait aussi une véritable délégation culturelle québécoise venue observer comment les arts de la rue vivent en Belgique.
Françoise Landry, directrice générale du regroupement des arts de rue du Québec, explique que cette venue avait avant tout une vocation d’exploration et de rencontre.
Les liens entre Québec et Namur ne datent pas d’hier. Les deux villes sont jumelées, et depuis plusieurs années des échanges artistiques existent entre les deux territoires, notamment via le festival québécois Réverbère et Namur en Mai.
Mais ce qui a marqué les membres de la délégation, ce n’est pas seulement la programmation.
C’est le public.
« Même quand il grêle, le public reste »
Dans beaucoup de festivals, une météo pareille aurait vidé les rues.
Pas ici.
« Même quand il grêle, le public reste assis et observe », raconte la délégation québécoise avec admiration.
Et c’est probablement cela qui définit le mieux Namur en Mai après trente années d’existence : un festival qui appartient désormais à ses habitants.
On sent dans les rues une fidélité populaire rare. Des familles entières se déplacent. Des enfants découvrent leur premier spectacle de rue pendant que des habitués reviennent année après année.
À Namur, les arts de la rue ne sont pas un simple divertissement.
Ils font partie de la ville.
Les arts de la rue : un art profondément social
Au fil des interviews, un mot revenait constamment : le social.
Et ce n’est pas un hasard.
Les artistes québécois le disent eux-mêmes : les arts de la rue restent intimement liés à la place publique, à la rencontre et à l’accessibilité culturelle.
Contrairement à une salle fermée, l’espace public mélange tout le monde :
les familles,
les passants,
les curieux,
les personnes précaires,
les touristes,
les enfants,
les anciens.
Pas besoin d’avoir les codes du théâtre. Pas besoin de pouvoir payer une place à 80 euros. Pas besoin même de parler parfaitement la langue.
L’art vient directement aux gens.
Et c’est précisément ce que défendent beaucoup de compagnies québécoises.
Combat : quand le public protège le plus faible
Parmi les spectacles qui ont marqué cette édition, impossible de ne pas parler de Combat, véritable ovni artistique mêlant cirque, clown, duel absurde et performance physique.
Le spectacle ressemble à un cartoon vivant : deux faux gladiateurs s’affrontent dans une mise en scène délirante pendant qu’un musicien-arbitre perché au sommet d’une structure métallique rythme le chaos.
Mais derrière l’humour, le spectacle raconte aussi quelque chose de profondément humain.
Les artistes l’ont remarqué partout où ils jouent : le public soutient presque toujours le plus faible.
Une réflexion étonnante quand on pense à l’imagerie antique des gladiateurs où la foule réclamait autrefois la mort des perdants.
Aujourd’hui, expliquent-ils, les spectateurs protègent instinctivement celui qui subit.
« On ne veut plus voir les faibles mourir, mais on veut les aider », résume l’un des artistes.
Et soudain, sous les rires et les chutes clownesques, le spectacle devient presque une lecture de notre époque.
Une culture fragilisée, ici comme au Québec
Mais derrière la fête et les applaudissements, un constat plus inquiétant traverse aussi les échanges.
Au Québec comme en Europe, les arts de la rue souffrent.
Les grandes manifestations culturelles deviennent de plus en plus des événements à billetterie. Les spectacles gratuits disparaissent progressivement des grandes programmations.
Au Canada, plusieurs grands festivals ont fortement réduit leur présence d’arts de rue ces dernières années.
Les artistes doivent alors inventer d’autres modèles :
travailler avec des municipalités,
des associations locales,
des événements communautaires,
ou multiplier les collaborations entre compagnies.
Et malgré les difficultés, les artistes continuent.
Parce que les arts de la rue restent un des derniers espaces où la culture rencontre encore directement les gens.
Sans filtre. Sans mur. Sans séparation sociale.
Le Québec et la Belgique : deux peuples qui se ressemblent
Au fil des rencontres, une autre évidence est apparue : l’humour québécois et belge se comprennent instinctivement.
Même autodérision. Même goût pour l’absurde. Même proximité avec les gens.
Les artistes québécois parlent d’un public belge chaleureux, réactif et profondément attaché à ces formes artistiques populaires.
Et peut-être est-ce cela qui rend ces échanges si naturels.
Parce qu’au fond, les arts de la rue racontent toujours la même chose : des humains qui se rencontrent sur une place publique.
Sortir dans les rues pour se retrouver
Avant de quitter Namur, la délégation québécoise a lancé un message simple mais puissant :
« Oser la créativité, sortir dans les rues, aller à la rencontre des gens. »
Et après ce week-end à Namur en Mai, difficile de ne pas comprendre pourquoi.
Dans une époque saturée d’écrans, de tensions sociales et d’isolement, voir des milliers de personnes rire ensemble sous la pluie devant un spectacle absurde ou poétique ressemble presque à un acte de résistance culturelle.
Les arts de la rue ne changent peut-être pas le monde.
Mais ils rappellent encore que l’espace public peut appartenir à tout le monde.
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Ce mardi 12 mai 2026, Bruxelles a vu défiler une véritable marée humaine. Selon les syndicats, plus de 75.000 personnes ont manifesté dans les rues de la capitale pour dénoncer les politiques d’austérité, la pression sociale grandissante et les attaques contre les droits sociaux.
Mais réduire cette mobilisation à une simple manifestation syndicale serait une erreur.
Car dans les rues de Bruxelles, quelque chose sautait immédiatement aux yeux : cette colère dépasse aujourd’hui largement le cadre des organisations syndicales.
Bien sûr, les drapeaux de la FGTB, de la CSC et de nombreux secteurs professionnels étaient très présents. Travailleurs du non-marchand, enseignants, cheminots, employés, ouvriers, personnel de santé ou fonctionnaires ont répondu massivement à l’appel du front commun syndical.
Mais autour des syndicats, une autre mobilisation s’est imposée.
Des associations de terrain, des collectifs citoyens, des militants associatifs, des groupes de lutte contre la pauvreté, des organisations engagées dans le logement, la santé, l’aide sociale ou encore la défense des droits humains étaient présents tout au long du parcours.
Et surtout, de très nombreux citoyens non syndiqués avaient eux aussi fait le déplacement.
Des familles. Des jeunes. Des pensionnés. Des travailleurs précaires. Des personnes sans engagement politique particulier. Des citoyens simplement inquiets pour leur avenir et celui de leurs proches.
Dans les discussions entendues durant la journée, beaucoup le disaient clairement : “Je ne suis pas syndiqué, mais je suis venu parce que ça devient impossible.” “On ne peut plus continuer comme ça.” “Cette fois, ça concerne tout le monde.”
Cette présence citoyenne importante donne à cette mobilisation une dimension particulière. Elle montre qu’aujourd’hui, le malaise social dépasse les structures traditionnelles de contestation.
Le coût de la vie, les difficultés à finir les fins de mois, les inquiétudes sur les pensions, les économies dans les services publics, la crise du logement, l’accès aux soins ou encore le sentiment d’abandon politique touchent désormais une partie beaucoup plus large de la population.
Dans les cortèges, les slogans parlaient autant de survie que de revendications sociales :
“On travaille plus pour vivre moins.”
“Nos pensions ne sont pas un luxe.”
“La solidarité n’est pas une dépense.”
“Les riches deviennent plus riches pendant qu’on compte chaque euro.”
Le monde associatif était particulièrement visible dans cette manifestation. Beaucoup d’associations dénoncent depuis longtemps l’explosion de la précarité sur le terrain : augmentation des demandes d’aide alimentaire, détresse psychologique, isolement, expulsions, endettement ou encore hausse du sans-abrisme.
Pour plusieurs militants associatifs présents, les politiques actuelles fragilisent toujours davantage les personnes déjà les plus vulnérables.
Dans les secteurs de la santé, de l’enseignement et du social, les témoignages recueillis parlaient aussi d’un épuisement profond. Burn-out, manque de personnel, perte de sens, surcharge administrative et fatigue générale revenaient constamment dans les discussions.
Mais malgré cette colère, l’ambiance est restée profondément humaine et solidaire durant toute la journée.
Entre chants, pancartes, prises de parole et discussions improvisées, beaucoup avaient le sentiment de participer à quelque chose qui dépasse la simple journée d’action syndicale.
Une mobilisation populaire. Une mobilisation sociale. Une mobilisation citoyenne.
Et peut-être surtout un signal envoyé au monde politique.
Car si 75.000 personnes ont pris les rues de Bruxelles ce 12 mai, beaucoup se demandent désormais jusqu’où pourrait grandir cette contestation si les inquiétudes sociales continuent de s’aggraver.
Une chose semblait en tout cas claire dans les rues de la capitale : la colère sociale n’appartient plus uniquement aux syndicats.
Elle touche aujourd’hui une partie grandissante de la population.
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À Namur, la cérémonie organisée par la Coalition 8 Mai n’a pas été une simple commémoration historique. Pendant plusieurs heures, associations, syndicats, militantes, artistes et citoyennes ont mêlé mémoire de la Résistance et combats contemporains contre l’extrême droite, le racisme, les exclusions sociales et les violences faites aux femmes.
Dès l’ouverture, les organisateurs ont rappelé le sens profond du 8 mai 1945 : la victoire contre le nazisme et le fascisme en Europe. Mais pour la Coalition 8 Mai, cette date ne doit pas rester figée dans le passé. Elle doit devenir un outil de transmission, de vigilance démocratique et de mobilisation citoyenne. Trois objectifs ont été rappelés : faire du 8 mai un jour férié officiel en Belgique, mieux faire connaître l’histoire de la Résistance belge et alerter sur la montée actuelle des idées d’extrême droite.
Les intervenants ont insisté sur le fait que les idéologies autoritaires ne surgissent jamais du jour au lendemain. Elles progressent à travers les discours de division, la stigmatisation des migrants, les attaques contre les droits sociaux ou encore la banalisation de la haine. Plusieurs prises de parole ont dénoncé certaines politiques actuelles jugées dangereuses pour les libertés publiques et la solidarité sociale.
Les femmes résistantes au centre de la cérémonie
Le thème principal de cette édition était l’hommage aux femmes résistantes, longtemps effacées des récits officiels de la Seconde Guerre mondiale. Les organisateurs ont rappelé que derrière les figures masculines connues de la Résistance existaient des centaines de femmes ayant servi d’agentes de liaison, caché des familles juives, transporté des armes, imprimé des journaux clandestins ou organisé des réseaux de survie.
Tout au long de la soirée, plusieurs intervenantes ont raconté le parcours de résistantes namuroises ou belges.
Marie Mercier, par exemple, tenait un café qui servait de lieu de passage pour les résistants et les personnes traquées par les nazis. Son établissement était devenu un véritable point de résistance clandestin. Après la guerre, elle deviendra la première femme bourgmestre de Gembloux.
Marie-Noël, originaire de Viroinval, distribuait des journaux clandestins, ravitaillait des maquisards et hébergeait des réfractaires avant d’être arrêtée puis déportée à Ravensbrück où elle mourra quelques semaines avant la Libération.
D’autres figures comme Monique de Tisbar, Lucienne Pagès, Simone ou encore Hélène Bidoul ont également été évoquées. Toutes ont connu la prison, la torture, les camps ou la perte de proches. Pourtant, elles ont continué à agir, souvent dans un anonymat presque total après la guerre.
« Femme, vie, liberté »
Un des moments les plus marquants de la soirée a été l’hommage rendu à trois femmes assassinées récemment : Mahsa Amini, Renée Good et Amal Khalil.
Mahsa Amini, jeune Iranienne kurde, morte après son arrestation par la police des mœurs iranienne en 2022, a été présentée comme le symbole d’une résistance féminine mondiale contre les régimes autoritaires. Son nom a rappelé le slogan devenu international : « Femme, vie, liberté ».
Renée Good a été citée comme victime des violences liées aux politiques migratoires américaines et à la militarisation des services d’immigration sous l’ère Trump.
Quant à Amal Khalil, journaliste libanaise tuée dans le sud du Liban alors qu’elle réalisait un reportage, elle a été présentée comme une victime de la guerre et de la répression contre les journalistes couvrant Gaza et le Proche-Orient. Plusieurs intervenants ont dénoncé le silence des gouvernements occidentaux face aux massacres et aux atteintes aux droits humains dans la région.
La mémoire comme acte politique
Hélène de Soute, présidente nationale de la Coalition 8 Mai, a livré un témoignage particulièrement fort en racontant l’histoire de sa mère, entrée dans la Résistance à seulement 17 ans. Torturée par la Gestapo, elle ne dénoncera jamais ses camarades malgré les sévices subis. Son frère sera fusillé par les nazis.
À travers ce récit familial, Hélène de Soute a rappelé que la mémoire n’est pas qu’un devoir historique mais aussi un engagement politique actuel. Selon elle, le fascisme commence souvent par des mots : désigner des boucs émissaires, opposer les pauvres entre eux, attaquer les syndicats, les migrants, les minorités ou les associations.
Elle a insisté sur le fait que la résistance moderne passe aujourd’hui par la solidarité, la défense des droits humains, la culture, l’éducation populaire et le travail associatif.
Résister aujourd’hui : syndicalisme, pauvreté et luttes sociales
La cérémonie a aussi donné la parole à des femmes engagées aujourd’hui dans les luttes sociales.
Des responsables syndicales ont évoqué les difficultés des femmes dans le monde du travail, la montée des discours masculinistes et l’utilisation de la précarité comme terrain fertile pour l’extrême droite.
Des militantes LGBTQIA+, féministes et antiracistes ont rappelé que certaines personnes doivent « résister simplement pour exister ». Une intervenante trans noire a notamment expliqué que vivre, aimer et prendre la parole constitue déjà une forme de résistance dans une société marquée par les discriminations.
Christine Mahy, secrétaire générale du Réseau wallon de lutte contre la pauvreté, a également livré un témoignage fort sur les mécanismes d’exclusion sociale et sur la nécessité de construire des résistances collectives face aux politiques qui divisent les pauvres, les travailleurs et les allocataires sociaux.
Une cérémonie entre émotion, mémoire et mobilisation
La soirée a alterné témoignages, lectures, interventions militantes, extraits sonores et moments musicaux comme l’interprétation du Chant des Partisans, repris collectivement dans la salle.
L’événement n’avait rien d’une commémoration figée. Il s’agissait plutôt d’un appel à poursuivre les combats pour la démocratie, l’égalité et la dignité humaine.
Un message est revenu tout au long de la cérémonie :
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Reportage Radio Solidarité — entre colère, dignité et détermination
Il y a quelque chose de particulier dans l’air, ce matin-là, à Namur. Ce n’est pas seulement une date. Ce n’est pas seulement un rassemblement. C’est une atmosphère.
Dans la salle, les drapeaux rouges accrochent le regard. Les discussions se croisent, se superposent. On se salue, on se retrouve, parfois on se reconnaît sans s’être jamais rencontrés. Il y a du bruit, oui, mais surtout une forme de gravité. Une tension calme.
Ici, personne ne parle de “fête du travail”.
On parle des travailleuses. Des travailleurs. De ce que cela signifie, aujourd’hui.
Une voix s’élève, et très vite, le ton est donné :
“Le travail, c’est une abstraction. Les travailleurs, ce sont des corps, des histoires, des réalités de vie.”
Dans la salle, les têtes acquiescent. Ce n’est pas une formule. C’est une réalité partagée.
Le micro circule. Les discours s’enchaînent, mais ils ne se répètent pas. Ils s’additionnent.
Très vite, une idée s’impose, presque comme un rappel nécessaire :
“Le 1er mai ne sera jamais une fête récupérée… il ne sera ni bleu, ni édulcoré… il sera toujours rouge.”
Rouge comme les luttes passées. Rouge comme celles qui continuent.
On ne parle pas ici de folklore. On parle d’histoire. Et cette histoire, quelqu’un la raconte, simplement.
Une jeune femme. Dix-huit ans. Un combat pour la journée des huit heures.
“Marie Blondeau… tuée pour avoir revendiqué ses droits.”
Le silence s’installe, brièvement. Pas un silence vide. Un silence qui pèse.
Puis la phrase tombe :
“C’est de cette résistance-là qu’est né le 1er mai.”
Et soudain, ce qui se passe ici prend une autre dimension. On n’est plus seulement dans le présent. On est dans une continuité.
Un mot revient, régulièrement. Pas comme un slogan. Comme une nécessité.
Résister.
Il revient dans les discours, dans les phrases, dans les regards aussi.
“Résister, ce n’est pas un choix. C’est refuser l’inacceptable.”
Alors on insiste. On répète. On reformule.
Parce que, comme le dit un intervenant avec une image simple :
“Quand une maison brûle, on ne crie pas au feu une seule fois.”
Dans la salle, certains sourient. D’autres hochent la tête. Tout le monde comprend.
Les discours deviennent plus directs. Plus concrets.
On parle de pensions. De services publics. De conditions de travail. On parle de ce qui change, et surtout de ce qui se dégrade.
“L’austérité, ce n’est pas la météo. Ce n’est pas quelque chose qui tombe du ciel.”
Ce sont des décisions. Des choix.
Et ces choix, ici, tout le monde en ressent les conséquences.
Une question est posée. Elle est simple, presque désarmante :
“Est-ce que ces gouvernements améliorent la vie des gens ?”
Personne ne répond à voix haute. Mais la réponse est là, dans les regards.
On parle des jeunes qui enchaînent les contrats précaires. Des femmes pénalisées par certaines réformes. Des travailleurs qui doivent faire toujours plus, pour vivre moins bien.
“On en est à devoir choisir qui on aide…”
La phrase reste suspendue. Elle dérange. Elle marque.
En marge des discours, il y a les rencontres. Les échanges. Les interviews.
Monique Simon prend la parole, sans détour.
“Ça fait deux ans qu’on se bat… et ça continue.”
Il n’y a pas de dramatisation. Pas d’effet. Juste un constat.
Elle parle des mobilisations passées. De celles à venir.
“On sera encore dans la rue.”
Et puis, elle insiste sur un point souvent oublié :
“Les demandeurs d’emploi sont aussi des travailleurs. On se bat pour eux aussi.”
C’est dit simplement. Mais c’est essentiel.
Un peu plus loin, on parle des services publics. Pas comme d’un concept abstrait, mais comme d’un quotidien.
“Les services publics, c’est la richesse d’un pays.”
Et pourtant :
“On les affaiblit, on les vide de leur substance.”
Derrière ces phrases, il y a une crainte. Celle d’une société qui bascule.
Une société où l’accès aux droits dépend des moyens. Une société qui se fragmente.
Ce qui frappe, au fil de la journée, ce n’est pas seulement le contenu des discours. C’est leur durée.
“Cela fait plus de 18 mois que nous nous mobilisons…”
Et malgré cela, personne ne parle d’essoufflement.
Au contraire.
“On ne lâchera rien.”
Ce n’est pas un cri. Ce n’est pas un slogan lancé à la volée. C’est une conviction.
Un autre sujet s’invite, plus sombre.
“L’extrême droite se nourrit de la misère.”
Là encore, ce n’est pas théorique. C’est une mise en garde.
Parce que ce qui se joue dépasse les seules réformes sociales. C’est une question de société.
Puis, presque à la fin, une image apparaît.
Simple. Presque fragile.
“Nous sommes comme des coquelicots… même coupés, nous repousserons.”
Dans la salle, certains sourient. D’autres prennent une photo. Mais tout le monde retient la phrase.
Parce qu’elle dit quelque chose de profond.
La journée se termine comme elle a commencé : sans grand effet. Sans mise en scène.
Mais avec une phrase qui reste.
“Ne jamais renoncer.”
Ce 1er mai à Namur n’était pas une fête au sens classique du terme. C’était un moment de lucidité.
Un moment où les mots ont retrouvé leur poids. Où les discours ont retrouvé leur ancrage.
Et où, surtout, une chose est apparue clairement :
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Dès le plus jeune âge, les enfants expérimentent déjà ce qui structurera plus tard nos sociétés d’adultes : alliances, domination, exclusion, solidarité, protection… La cour de récréation n’est pas seulement un espace de jeu. C’est un véritable microcosme social où se construisent les premières relations humaines.
Un extrait diffusé par France Télévisions autour du documentaire Récréations de la réalisatrice Claire Simon nous replonge dans une cour d’école maternelle filmée au début des années 1990. On y découvre des enfants qui organisent des jeux où apparaissent déjà des rôles très structurés : bourreaux, victimes, protecteurs, meneurs, exclus.
Ces scènes peuvent sembler anodines, mais elles révèlent une réalité profonde : les rapports de force existent dès l’enfance.
À l’échelle des enfants, ces situations sont proportionnellement aussi intenses que celles vécues par les adultes. Une exclusion dans une cour de récréation peut avoir la même charge émotionnelle qu’une mise à l’écart sociale dans le monde professionnel. Une humiliation devant les camarades peut être vécue avec la même violence qu’un conflit public chez les adultes. Pour un enfant, l’univers social est limité à la cour, à la classe et à quelques camarades. Dès lors, chaque interaction prend une importance majeure.
Un petit territoire où tout se joue
Dans ce petit territoire, tout se joue. Qui est accepté ? Qui décide des règles ? Qui a le droit d’entrer dans le jeu ? Qui est exclu ? Les enfants créent spontanément des groupes, des alliances, parfois même des hiérarchies. Certains prennent naturellement une position dominante, d’autres suivent, certains résistent, d’autres encore cherchent à protéger. Ces dynamiques apparaissent sans encadrement, simplement à travers les interactions spontanées.
Des jeux qui révèlent déjà la société
Les jeux eux-mêmes sont révélateurs. On joue à la prison, au chef, aux équipes, aux territoires. On enferme, on libère, on choisit qui participe et qui reste à l’écart. Derrière l’apparence ludique, ces scénarios traduisent déjà une compréhension intuitive des rapports sociaux. Les enfants expérimentent le pouvoir, testent les limites, cherchent leur place dans le groupe.
Le pire et le meilleur dans la même cour
Mais la cour de récréation ne se résume pas à la confrontation. Elle est aussi un lieu d’apprentissage du vivre-ensemble. On y observe des gestes de solidarité, des enfants qui défendent un camarade, qui tendent la main à celui qui est seul, qui apaisent un conflit. Le pire et le meilleur y coexistent en permanence. La brutalité d’un instant peut être suivie d’un geste de réconciliation quelques minutes plus tard.
Des émotions à l’état brut
Cette coexistence entre violence et empathie donne à la cour une dimension profondément humaine. Les enfants y vivent leurs émotions sans filtre. Colère, jalousie, peur, besoin d’appartenance, joie d’être accepté… tout s’exprime immédiatement. Là où l’adulte apprend à contenir, à masquer ou à rationaliser, l’enfant agit directement sous l’impulsion du moment.
Une lecture philosophique de la cour de récréation
La réalisatrice évoque d’ailleurs une lecture philosophique de ces situations, en citant Baruch Spinoza :
« L’impuissance de l’homme à contenir ses sentiments, je l’appelle servitude. »
Dans la cour de récréation, cette idée prend tout son sens. Les enfants sont entièrement traversés par leurs émotions. Ils ne disposent pas encore des outils pour les maîtriser ou les comprendre. Ils expérimentent donc de manière brute ce que l’adulte vit souvent de manière plus dissimulée. La cour devient alors un théâtre vivant de la condition humaine.
La violence sociale s’apprend très tôt
Observer ces interactions, c’est comprendre que la violence sociale ne naît pas à l’âge adulte. Elle s’apprend, se teste et se transforme dès l’enfance. Les mécanismes d’exclusion, de domination ou de solidarité apparaissent très tôt. Ils évoluent ensuite avec l’âge, mais leurs racines sont déjà présentes dans ces premières expériences collectives.
Apprendre le vivre-ensemble dès l’enfance
Ce regard nous interroge aussi sur notre responsabilité collective. Si les rapports de force apparaissent dès l’enfance, alors l’apprentissage de l’empathie, du respect et de la solidarité doit lui aussi commencer très tôt. La cour de récréation devient alors un espace éducatif essentiel, où se construit progressivement le rapport à l’autre.
Un documentaire des années 90 toujours actuel
Ce documentaire, filmé dans les années 1990, reste pourtant d’une actualité frappante. Malgré les évolutions de la société, les dynamiques humaines fondamentales demeurent les mêmes. Les enfants d’aujourd’hui, comme ceux d’hier, cherchent leur place, testent les limites, apprennent à vivre ensemble.
La société en miniature
Observer la cour d’école, c’est finalement observer la société en miniature. On y voit naître les rapports de pouvoir… mais aussi les premières solidarités. Entre tragédie et comédie, entre conflits et réconciliations, la cour de récréation devient le premier théâtre de nos vies sociales.
Et peut-être que comprendre ces dynamiques dès l’enfance est une clé pour construire une société adulte plus juste, plus consciente… et plus humaine.
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Le 28 mars, les allées habituellement dédiées aux sensations fortes ont laissé place aux foulées solidaires. Pour la première fois, Walibi Belgium a accueilli le Walibi Run, une course de 5 et 10 kilomètres organisée avant l’ouverture officielle de la saison. Une initiative sportive, certes, mais surtout profondément marquée par l’engagement social et la solidarité.
Dès les premières heures de la matinée, 2 450 coureuses et coureurs ont pris le départ dans une ambiance conviviale. Le parcours, tracé à travers le parc et ses coulisses, a permis aux participants de découvrir Walibi sous un angle inédit. Mais au-delà de la performance sportive, l’objectif était clair : courir pour une cause utile.
L’événement était également lié à une dimension solidaire avec le soutien de l’association Sport2Be, qui œuvre pour l’accès au sport des jeunes issus de milieux défavorisés. Comme l’explique Adèle, représentante de Walibi : « Nous avons décidé de reverser une partie des fonds collectés grâce aux inscriptions à Sport2Be, une association qui aide les jeunes issus de milieux défavorisés à s’élever à travers le sport. »
Pour Walibi, cette initiative répond aussi à une volonté de proposer un événement différent pour marquer le début de saison. « On avait envie de créer un événement un peu différent de ce qu’on fait d’habitude… et un événement de running, c’était idéal avec le cadre insolite du parc », explique-t-elle.
Le sport dans l’ADN de Walibi
Cette initiative n’est pas un hasard. Le sport est inscrit dans l’ADN de Walibi depuis sa création, autour du ski nautique, bien avant l’arrivée des attractions à sensations. Dans les années 80 et 90, l’opération Sport à l’école avait déjà marqué toute une génération, en rapprochant sport, jeunesse et loisirs dans une logique éducative et accessible.
Avec le Walibi Run, le parc renoue clairement avec cette tradition sportive, populaire et ouverte à tous.
Un engagement solidaire depuis près d’un demi-siècle
Walibi rappelle également que la solidarité fait partie de son histoire. « On a toujours soutenu des associations », souligne la représentante du parc. Elle cite notamment le partenariat avec Arc-en-Ciel, qui dure depuis 47 ans.
Chaque année, 2 500 tickets sont offerts à des enfants issus d’associations partenaires afin qu’ils puissent vivre une journée exceptionnelle à Walibi. Une journée de loisirs, de découverte et de partage, souvent inaccessible pour ces jeunes. Ils sont également accueillis régulièrement à Aqualibi.
Le parc soutient également d’autres initiatives solidaires comme Cap 48 ou Viva for Life, avec l’objectif d’aider les familles et les personnes en situation plus fragile.
« Quand on a un gros impact comme Walibi, c’est important de reverser une partie de nos bénéfices à des actions sociales et de montrer l’exemple », explique la représentante.
Une première édition réussie
L’organisation a débuté dès 9h avec le retrait des dossards. En moins d’une heure et demie, les 2 450 participants ont été accueillis avant le départ des courses de 5 et 10 kilomètres à 11h. Après l’effort, les coureurs ont pu profiter de Dock World, la nouvelle zone du parc ouverte spécialement pour l’événement.
L’événement affichait complet, preuve de l’intérêt du public pour ce nouveau rendez-vous sportif et solidaire. Walibi envisage déjà d’autres éditions, avec pourquoi pas des déclinaisons thématiques à Halloween ou à Noël.
Présente sur place, Radio Solidarité a réalisé une vidéo de l’événement accompagnée d’une interview de la représentante de Walibi, mettant en lumière la volonté du parc de faire du sport un outil de solidarité et d’inclusion.
Avec cette première édition du Walibi Run, Walibi renoue avec son histoire sportive tout en affirmant son engagement social. Une combinaison entre sport, solidarité et accès aux loisirs qui correspond pleinement à l’esprit de l’événement.
Une première réussie… qui pourrait bien devenir un nouveau rendez-vous solidaire incontournable.
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Alors que les températures hivernales s’estompent progressivement, le dispositif du plan froid extrême mis en place à Bruxelles ne sera pas levé immédiatement. Les 132 places ouvertes par le Samusocial, sous coordination de Bruss’help, sont en partie prolongées jusqu’à la fin du mois d’avril. Une décision qui reflète une réalité persistante : la pression sur l’accueil des personnes sans abri reste forte, même en dehors des périodes de grand froid.
Ce maintien partiel du dispositif s’inscrit dans un contexte où les associations alertent depuis plusieurs mois sur le manque structurel de places d’hébergement et l’augmentation du nombre de personnes à la rue.
La principale capacité du plan froid repose sur le centre WTC4, qui compte à lui seul 100 places. Ouvert le 2 février, il devait initialement fermer le 20 mars. Finalement, ces places seront maintenues au moins jusqu’à fin avril.
Le fonctionnement reste identique :
Accueil de nuit uniquement (17h → 9h)
Modèle “16/24”
Séjour limité à 3 nuits consécutives
Accompagnement social réduit
Orientation vers des structures plus durables
Ce dispositif vise avant tout une mise à l’abri temporaire, sans accompagnement intensif. Plusieurs acteurs du secteur soulignent que ce type de solution reste nécessaire, mais insuffisant pour sortir durablement les personnes de la rue.
Deux centres complémentaires : une fermeture, une prolongation
Les 32 places supplémentaires sont réparties sur deux structures :
Centre Poincaré
15 places
fermeture confirmée le 31 mars
Centre Dubrucq
17 places
maintien jusqu’à fin avril
Au total, 117 places seront donc maintenues après le 31 mars, contre 132 actuellement.
Une prolongation possible au-delà du 30 avril
Selon Bruss’help, la prolongation du centre WTC4 au-delà du 30 avril reste envisagée. Les modalités sont actuellement en discussion entre les différents acteurs du secteur de l’aide aux sans-abri.
Cette incertitude illustre une difficulté récurrente : les plans saisonniers deviennent de plus en plus nécessaires sur des périodes plus longues.
Les associations alertent : la fin du plan froid ne signifie pas la fin des besoins
Plusieurs associations bruxelloises rappellent que les besoins d’hébergement ne disparaissent pas avec l’arrivée du printemps. Au contraire, elles observent :
une saturation des centres d’accueil
une hausse du nombre de personnes isolées
davantage de familles sans logement
une rotation rapide dans les dispositifs temporaires
un manque de solutions structurelles
Des organisations comme les réseaux d’aide aux sans-abri à Bruxelles soulignent que les plans froid deviennent des réponses permanentes à une crise structurelle.
Une pression toujours forte sur le Samusocial
Le Samusocial reste l’acteur central de la mise à l’abri d’urgence. Durant l’hiver, les demandes d’hébergement augmentent fortement, obligeant à ouvrir des sites temporaires comme le WTC4.
Mais selon plusieurs analyses du secteur social :
les centres d’urgence tournent toute l’année à capacité maximale
les solutions de transition manquent
l’accès au logement reste difficile
les personnes retournent souvent à la rue après quelques nuits
Une question structurelle qui dépasse le plan froid
Le maintien de ces places pose une question plus large : celle de la transformation du dispositif hivernal en solution permanente.
Les associations demandent notamment :
plus de places ouvertes toute l’année
des centres avec accompagnement social réel
davantage de logement de transition
des politiques de prévention des expulsions
un renforcement de l’aide sociale
Un signal important pour le secteur
La prolongation jusqu’à fin avril est perçue comme un signal positif par les acteurs de terrain. Elle évite une fermeture brutale du dispositif à la fin de l’hiver.
Mais pour beaucoup, cela ne règle pas la question de fond : le manque chronique de places d’accueil et l’augmentation du sans-abrisme à Bruxelles.
Les chiffres clés
132 places ouvertes dans le plan froid extrême
100 places WTC4 prolongées
15 places Poincaré fermées le 31 mars
17 places Dubrucq prolongées
117 places maintenues après le 31 mars
prolongation possible après le 30 avril
Un enjeu majeur pour les prochaines semaines
Les décisions qui seront prises d’ici fin avril seront déterminantes. Elles diront si le dispositif reste temporaire ou s’il devient une réponse durable face à une crise sociale qui ne cesse de s’aggraver.
Pour les associations, une chose est claire : le plan froid ne peut plus être la seule réponse à l’urgence sociale.
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Se loger dignement devient de plus en plus difficile en Belgique. Loyers en hausse, logements sociaux insuffisants, expulsions sans solution, logements insalubres… La crise du logement touche désormais un public de plus en plus large. Face à cette réalité, associations, collectifs citoyens et acteurs sociaux se mobilisent dans tout le pays à l’occasion de la semaine du Housing Action Day, pour rappeler une évidence : le logement est un droit, pas un privilège.
Cette semaine d’actions s’inscrit dans une mobilisation européenne visant à dénoncer la spéculation immobilière et la marchandisation du logement. En Belgique, les initiatives se multiplient pour sensibiliser, interpeller et donner la parole aux personnes concernées. Manifestations, balades urbaines, rassemblements et rencontres citoyennes rythment cette semaine engagée.
Une crise du logement qui s’aggrave
Les organisations mobilisées dressent un constat préoccupant. Le logement représente aujourd’hui une part toujours plus importante du budget des ménages, poussant certains dans des situations précaires. Pour d’autres, l’accès à un logement devient tout simplement impossible.
Parmi les problèmes les plus souvent dénoncés :
loyers trop élevés par rapport aux revenus
manque criant de logements sociaux
listes d’attente de plusieurs années
logements insalubres ou énergivores
expulsions sans solution durable
multiplication du sans-abrisme
spéculation immobilière et logements vides
Ces difficultés touchent aujourd’hui :
les familles
les jeunes
les travailleurs précaires
les personnes seules
les pensionnés
les bénéficiaires d’aides sociales
La crise du logement n’épargne plus personne.
Des actions partout en Belgique
Durant cette semaine du droit au logement, plusieurs villes accueillent des mobilisations. Chaque action met en lumière une réalité locale tout en portant des revendications communes.
Liège : donner la parole aux locataires
À Liège, un rassemblement est organisé pour mettre en avant les témoignages de personnes confrontées à des loyers trop élevés ou à des conditions de logement difficiles. Les associations locales dénoncent également la pénurie de logements publics.
Nivelles : dénoncer les logements vides
À Nivelles, une marche symbolique autour des logements inoccupés est prévue. L’objectif est de questionner le paradoxe entre logements vides et personnes sans solution.
Charleroi : manifester pour des logements dignes
À Charleroi, une mobilisation citoyenne est organisée pour réclamer davantage de logements sociaux et des conditions de logement décentes.
Dinant : observer la réalité sur le terrain
Une balade urbaine permettra d’échanger avec les habitants et les acteurs locaux. L’initiative vise à rendre visible la situation du logement dans la région.
Bruxelles : interpeller les décideurs
Dans la capitale, conférences et prises de parole permettront d’aborder la précarité résidentielle et la pression immobilière particulièrement forte.
Louvain-la-Neuve : sensibiliser les jeunes et étudiants
Une balade militante analysera l’évolution du marché immobilier et ses conséquences sur les étudiants et jeunes travailleurs.
Bruxelles : mobilisation nationale de clôture
La semaine se terminera par une mobilisation nationale à Bruxelles réunissant associations, collectifs et citoyens autour de revendications communes.
Des revendications claires
Les organisations mobilisées portent plusieurs demandes pour améliorer l’accès au logement :
construire davantage de logements sociaux
encadrer les loyers
lutter contre les logements vides
stopper les expulsions sans solution
garantir des logements dignes et salubres
lutter contre la spéculation immobilière
développer des politiques publiques ambitieuses
Pour les collectifs, le logement doit redevenir une priorité politique.
Un enjeu social majeur
Le logement est souvent la première étape vers la stabilité. Sans logement, tout devient plus compliqué : travailler, se soigner, scolariser ses enfants ou simplement vivre dignement. La crise actuelle révèle des inégalités croissantes et une précarité qui s’installe durablement.
Derrière les chiffres, ce sont des réalités humaines :
familles contraintes de déménager régulièrement
jeunes qui ne peuvent plus quitter le domicile familial
travailleurs pauvres qui consacrent la moitié de leur revenu au loyer
personnes sans solution après une expulsion
logements surpeuplés ou insalubres
La semaine du droit au logement veut rendre ces situations visibles.
Radio Solidarité sur le terrain
Radio Solidarité suit cette mobilisation et donne la parole :
aux associations
aux collectifs citoyens
aux personnes concernées
aux travailleurs sociaux
aux acteurs du logement
Informer, témoigner et relayer ces initiatives fait partie de l’engagement de la radio pour une société plus solidaire.
Le logement est un droit fondamental
Cette semaine du Housing Action Day rappelle que se loger dignement ne devrait jamais être un combat. Pourtant, pour beaucoup, cela devient une lutte quotidienne. Partout en Belgique, la mobilisation s’organise pour défendre un principe simple : un logement digne pour toutes et tous.
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Lors des Vœux de rue 2026, le Réseau wallon de lutte contre la pauvreté a choisi l’espace public pour porter une parole forte et engagée.
Dans cette vidéo, nous vous proposons :
un résumé des Vœux de rue,
une interview,
et des réactions recueillies sur place,
autour du discours de Christine Mahy, secrétaire générale du RWLP.
Au cœur des échanges : les réformes du chômage, la fin des droits, le statut cohabitant, la défense des services publics et la nécessité de démonter le mythe de la méritocratie. Une parole ancrée dans le réel, portée par les luttes sociales, les alliances associatives et la solidarité.
À noter : les trois premières minutes du discours intégral présentent une qualité sonore plus faible en raison des conditions de captation en extérieur. Le reste de l’enregistrement est parfaitement audible.
Retrouvez également sur notre site l’intégralité du discours, nos autres résumés, interviews et contenus réalisés à l’occasion de ces Vœux de rue.
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Dans le cadre du RamDam Festival, festival reconnu pour sa programmation engagée et ses films qui interrogent le monde contemporain, Sirât trouve naturellement sa place. Réalisé par Oliver Laxe et tourné dans les paysages du désert marocain, le film propose une expérience de cinéma singulière, loin des récits formatés.
Récompensé par le Prix du Jury au Festival de Cannes, Sirât s’inscrit dans une démarche de cinéma d’auteur exigeante, où l’image, le temps et l’espace prennent une dimension centrale. Plus qu’un film à “raconter”, Sirât se vit, se traverse, et invite le spectateur à accepter un autre rapport au récit et au rythme.
C’est dans cet esprit que notre correspondant marocain, Ahmed, propose son regard critique, en s’attachant à l’expérience sensorielle et à la proposition artistique du film.
Lumière sur Sirât, le Prix du Jury du Festival de Cannes
Par Ahmed
Le dernier film du réalisateur Oliver Laxe, intitulé Sirât, fait beaucoup parler de lui depuis sa présentation au Festival de Cannes. Tourné dans les paysages naturels du désert marocain, ce long-métrage a attiré l’attention des professionnels du cinéma en remportant le prestigieux Prix du Jury.
Une expérience visuelle avant tout Ce qui frappe dès les premiers instants du film, c’est son ambition esthétique. Sirât n’est pas un film classique : il accorde une importance capitale à l’image. Le réalisateur utilise le décor du désert pour créer une atmosphère très particulière, presque hypnotique. La photographie est soignée et cherche à plonger le spectateur dans un univers visuel fort, où les paysages occupent autant de place que les personnages.
Un rythme contemplatif Sur le plan de la narration, le film se distingue par un choix de mise en scène radical. Au lieu de proposer une action rapide ou des rebondissements constants, Sirât adopte un rythme lent et posé.
C’est un cinéma de la contemplation. Le réalisateur prend le temps d’installer ses scènes et laisse durer les plans. Cette approche demande au public de s’adapter à une temporalité différente, loin des codes habituels des grands films commerciaux. L’histoire avance doucement, privilégiant l’ambiance générale à l’efficacité immédiate du scénario.
Un choix artistique assumé En récompensant ce film, le jury de Cannes a mis en lumière un cinéma d’auteur exigeant. Sirât se présente comme une œuvre qui cherche à créer son propre monde, un peu en marge de la réalité. Le film ne cherche pas nécessairement à tout expliquer, mais plutôt à proposer une expérience sensorielle.
C’est une proposition artistique qui mise sur la beauté des cadres et la puissance de l’environnement, confirmant le style singulier d’Oliver Laxe dans le paysage cinématographique actuel.
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