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Édito

Décembre, ce mois où l’on se retrouve… ou pas

Décembre n’est pas qu’un mois de fêtes. C’est aussi celui où la solitude et la précarité se voient un peu plus fort. Alors ouvrons les yeux, ouvrons les mains : un geste, un sourire, une attention peuvent changer la journée de quelqu’un. Ce mois-ci, faisons de la solidarité notre vraie lumière.

Radio Solidarité

édito 31 octobre 2025

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Chaque semaine, je vous propose un édito qui invite à la réflexion. Ensemble, nous prenons un moment pour regarder ce qui se passe dans le monde et essayer de mieux comprendre les grands sujets d’actualité.

L’idée n’est pas seulement de donner mon point de vue, mais aussi de vous faire réfléchir, de vous questionner, et surtout de vous permettre d’en parler autour de vous. Car réfléchir seul, c’est bien, mais réfléchir ensemble, c’est encore mieux.

Dans un esprit solidaire et ouvert, je vous présente chaque semaine un thème qui me touche ou qui fait débat. Ensuite, je développe pourquoi c’est important et ce que cela change pour nous tous, ici et ailleurs.

Alors, prenez un café ou un thé, installez-vous, et laissez-vous guider par cette réflexion du jeudi. Ensemble, faisons vivre la solidarité et le partage des idées.

Décembre est un drôle de mois.
On le voit arriver de loin, avec ses lumières, ses décorations qui fleurissent avant même que l’hiver s’installe vraiment, ses musiques qui tournent en boucle dans les magasins. On nous répète que c’est le mois de la magie, du partage, de la famille réunie autour d’une table trop pleine.

Mais la réalité, elle, est plus nuancée.

Derrière les vitrines brillantes, on sait qu’il y a des portes qui ne s’ouvriront pas sur un repas de fête. Des appartements où la lumière reste éteinte pour économiser. Des chambres où la solitude s’installe au pied du lit. Des voix qu’on n’entend plus, parce que personne ne leur a demandé comment elles allaient.

Décembre devrait réchauffer les cœurs. Parfois, il rappelle surtout ceux qui ont froid.

Ce mois-là, on voit plus fort les contrastes :
Ceux qui courent acheter des cadeaux et ceux qui comptent leurs pièces pour tenir jusqu’au lendemain.
Ceux qui organisent dix repas de famille et ceux qui redoutent d’être seuls face à une assiette vide.
Ceux qui rient ensemble, et ceux qui rient peu… ou plus du tout.

Et pourtant, c’est justement parce que décembre expose ces réalités qu’il peut devenir un mois différent.
Un mois où l’on choisit consciencieusement d’être plus attentifs.

Parce que la solidarité, ce n’est pas un mot qu’on affiche en grand. C’est une main qui se tend sans bruit.
C’est un café offert à quelqu’un qui grelotte.
C’est un voisin à qui l’on demande simplement : « Tu as besoin de quelque chose ? »
C’est appeler quelqu’un qu’on n’a pas vu depuis longtemps, juste pour rappeler qu’il compte encore.
C’est regarder autour de soi avant de regarder son emploi du temps.

On ne changera pas le monde entier en un mois, mais on peut changer le mois de quelqu’un.

Et puis, il y a ces micros gestes qui ne payent pas de mine mais qui ont une valeur immense :
— un sourire qu’on fait sans se forcer ;
— une conversation partagée à l’arrêt de bus ;
— une invitation lancée à celui ou celle qu’on voit toujours seule ;
— un “viens avec nous” qu’on n’a pas osé dire les autres années.

Ceux qui vivent la précarité ou la solitude ne demandent pas qu’on fasse l’impossible. Ils demandent qu’on se souvienne d’eux, qu’on n’oublie pas qu’ils existent.

À Radio Solidarité, on a toujours défendu cette idée simple :
une radio, ce n’est pas que des voix. C’est des liens.
Des liens qui se tissent, qui se réparent, qui se tendent.
Des liens qui rappellent que dans un monde qui va trop vite, on peut encore prendre le temps d’être humains.

Alors oui, en décembre, on parlera de fêtes, parce qu’elles existent et font du bien.
Mais on parlera aussi de celles et ceux qui n’ont rien à fêter.
Et surtout, on gardera les yeux et le cœur ouverts.

Que ce mois soit pour chacun une occasion de tendre la main, sans jugement, sans calcul.
Un geste, un sourire, un regard attentif.
C’est parfois tout ce qu’il faut pour réchauffer une journée.

Et si cette fin d’année doit avoir un message, ce serait celui-ci :
N’attendons pas pour faire du bien.
Décembre n’a pas seulement besoin de lumière… il a besoin de nous.

Laurent Frémal
Radio Solidarité / Solidarité Records

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