pour défendre leur avenir
Plusieurs écoles namuroises mobilisées devant le Parlement wallon
Ce mercredi 3 juin 2026, plusieurs centaines d’étudiants issus de différents établissements namurois se sont rassemblés aux abords du Parlement wallon à Namur.
Dans une ambiance calme mais déterminée, les jeunes ont voulu interpeller le monde politique à la veille du vote de plusieurs réformes concernant l’enseignement.
Tout au long de la matinée, des groupes d’étudiants ont parcouru le centre-ville afin d’encourager d’autres écoles à rejoindre le mouvement. Dans les Jardins du Mayeur notamment, plusieurs jeunes se sont adressés aux élèves de Saint-Louis pour les inviter à participer à la mobilisation.
Une action symbolique qui témoigne de la volonté des étudiants d’élargir le mouvement bien au-delà de leur propre établissement.
« Les jeunes ont peur de leur avenir »
Au fil des échanges, une préoccupation revenait sans cesse : l’avenir.
« Les jeunes ont peur, ont peur concrètement de leur avenir », explique un étudiant engagé dans la mobilisation.
À quelques jours des examens, le climat dans les écoles est particulièrement tendu.
« On le ressent en classe, on l’entend des jeunes. C’est catastrophique. C’est une peur vraiment et un stress. »
Pour beaucoup, les réformes actuellement débattues auront des conséquences qui dépassent largement la seule année scolaire en cours.
« C’est l’avenir certes pour nous aujourd’hui, mais il y a les prochaines générations qui sont encore dans les écoles primaires. »
Les étudiants affirment vouloir défendre non seulement leurs propres conditions d’études, mais également celles des futurs élèves.
Une jeunesse qui refuse de rester silencieuse
Les étudiants rencontrés à Namur revendiquent une implication citoyenne grandissante.
« Aujourd’hui, les jeunes ont une meilleure conscience. Ils comprennent ce qui se passe. »
Pour eux, la mobilisation est devenue une nécessité.
« Il faut continuer à se mobiliser. »
Un message répété à plusieurs reprises durant toute la matinée.
L’objectif est clair : maintenir la pression sur le monde politique et montrer que les décisions prises aujourd’hui concernent directement toute une génération.
Les enseignants aux côtés des étudiants
Aux côtés des jeunes, de nombreux enseignants ont répondu présents.
Certains sont venus représenter Mars Attack, collectif d’enseignants mobilisé depuis plusieurs mois contre les réformes de l’enseignement.
Pour eux, l’enjeu principal reste la défense des élèves.
« On est en train de jouer avec l’avenir des enfants. »
Plusieurs enseignants dénoncent également l’absence de concertation dans la mise en œuvre des réformes.
« Une réforme, ça se fait en consultation, en concertation. »
Un sentiment partagé par de nombreux participants présents devant le Parlement wallon.
Autour de Mars Attack, une mobilisation qui s’élargit
Si Mars Attack reste aujourd’hui l’un des principaux visages de la contestation enseignante, la mobilisation attire désormais d’autres acteurs.
Des parents réunis au sein de Parent Attack ainsi que des étudiants engagés dans Student Attack étaient également présents à Namur.
Ces groupes se sont constitués récemment pour soutenir la mobilisation portée par les enseignants et relayer leurs inquiétudes au sein de la population.
Le mouvement dépasse progressivement les revendications syndicales traditionnelles.
Parents, étudiants et citoyens expriment eux aussi leurs préoccupations concernant l’avenir de l’enseignement et les conséquences des réformes sur les générations futures.
« L’union fait la force »
Malgré la tension liée aux enjeux du moment, l’ambiance est restée conviviale tout au long de la matinée.
Les discussions, les prises de parole et les actions menées dans les rues de Namur se sont déroulées dans le calme.
Un étudiant résumait d’ailleurs parfaitement l’état d’esprit général :
« N’oublions pas que la devise belge, c’est l’union fait la force. »
Une phrase qui a trouvé un écho particulier ce mercredi 3 juin.
À la veille d’un vote important pour l’avenir de l’enseignement, étudiants, enseignants, parents et citoyens ont démontré qu’ils entendaient faire entendre leur voix.
Et à Namur, cette voix a résonné bien au-delà des murs des écoles.
Laurent Frémal