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Édito

Les invisibles de nos rues

Dans nos villes, les personnes sans-abri sont devenues une présence quotidienne. Derrière chaque silhouette assise sur un trottoir, il y a une histoire, une vie, des épreuves. Face à cette réalité, une question s’impose : comment une société aussi riche peut-elle encore laisser des êtres humains dormir dans la rue ? Il est temps de se remettre en question et de repenser notre modèle pour construire un monde plus juste, fondé sur la solidarité et le vivre-ensemble.

Radio Solidarité

édito 11 mars 2026

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Je vous propose un édito qui invite à la réflexion. Ensemble, nous prenons un moment pour regarder ce qui se passe dans le monde et essayer de mieux comprendre les grands sujets d’actualité.

L’idée n’est pas seulement de donner mon point de vue, mais aussi de vous faire réfléchir, de vous questionner, et surtout de vous permettre d’en parler autour de vous. Car réfléchir seul, c’est bien, mais réfléchir ensemble, c’est encore mieux.

Dans un esprit solidaire et ouvert, je vous présente chaque semaine un thème qui me touche ou qui fait débat. Ensuite, je développe pourquoi c’est important et ce que cela change pour nous tous, ici et ailleurs.

Alors, prenez un café ou un thé, installez-vous, et laissez-vous guider par cette réflexion du jeudi. Ensemble, faisons vivre la solidarité et le partage des idées.

Ils sont là.
À chaque coin de rue.
Devant les gares, sous les ponts, dans les entrées de magasins, sur un banc d’un parc.

Les hommes sans abri font désormais partie du paysage quotidien de nos villes. Et c’est peut-être là le plus inquiétant : nous nous y habituons.

Un sac à dos, une couverture, parfois un chien, souvent un regard fatigué. Derrière ces silhouettes que certains préfèrent ne plus voir, il y a des vies entières. Des parcours brisés, des accidents de la vie, des séparations, des problèmes administratifs, des maladies, des pertes d’emploi, des expulsions. Personne ne naît sans-abri.

Dans une société qui produit autant de richesses, comment accepter que des êtres humains dorment encore dans la rue ?

La question n’est pas seulement sociale. Elle est profondément politique, économique et morale. Elle nous renvoie à ce que nous acceptons collectivement comme normal.

Car la rue n’est pas un choix. La rue est souvent le dernier endroit où l’on tombe quand toutes les autres portes se sont fermées.

Notre système montre ses limites. Un système qui laisse des hommes, des femmes et parfois des enfants dormir dehors n’est pas un système qui fonctionne pour tous. C’est un système qui a oublié l’essentiel : l’humain.

Changer les choses ne signifie pas seulement créer plus d’hébergements d’urgence. Cela signifie repenser notre manière de faire société.
Logement accessible, accompagnement social, santé mentale, prévention des expulsions, régularisation administrative, solidarité locale : les solutions existent. Ce qui manque trop souvent, c’est la volonté collective.

Mais le changement ne viendra pas uniquement des institutions. Il commence aussi par nous.

Par un regard.
Par une parole.
Par un geste.
Par le refus de détourner les yeux.

Car une société se juge à la manière dont elle traite les plus fragiles.

Aujourd’hui, les personnes sans-abri nous rappellent une vérité simple : nous sommes tous à quelques accidents de vie de la précarité. Personne n’est totalement à l’abri.

Alors posons-nous la question essentielle : quel monde voulons-nous construire ?

Un monde d’indifférence, où chacun survit dans son coin ?
Ou un monde où l’on se tient debout ensemble ?

Il est temps de remettre l’humain au centre.
Il est temps de repenser notre système.
Il est temps d’agir.

Pour un monde plus juste.
Pour un vivre-ensemble réel.
Pour une société unie dans la solidarité.

Laurent Frémal
Radio Solidarité / Solidarité Records

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