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« NON » : les enseignant·e·s écrivent leur colère dans les rues de Namur

La « Révolution des craies » transforme les rues namuroises en espace d’expression citoyenne. À travers messages colorés, actions symboliques et mobilisations devant les écoles, les personnels de l’enseignement dénoncent les réformes en cours et défendent une école plus humaine, solidaire et accessible à toutes et tous. Un mouvement visible, pacifique et profondément humain qui interpelle bien au-delà du monde scolaire.

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Depuis plusieurs jours, les trottoirs, les places publiques et les abords des écoles de la province de Namur se couvrent de mots, de couleurs et de messages écrits à la craie. Derrière cette mobilisation baptisée « Révolution des craies », ce sont des enseignant·e·s, éducateur·rice·s et personnels de l’enseignement qui veulent faire entendre leur inquiétude face aux réformes annoncées en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Une colère calme. Visible. Humaine.

À travers des phrases écrites au sol, des dessins colorés et des actions symboliques dans l’espace public, le mouvement transforme les rues en lieu de dialogue avec la population. Pas besoin de grandes scènes ni de longs discours : quelques mots suffisent parfois à résumer un malaise profond.

Une école qui fatigue… et des travailleurs qui craquent

Derrière les messages tracés à la craie, il y a une réalité que beaucoup connaissent déjà : classes surchargées, manque de moyens, fatigue du personnel, difficultés d’accompagnement des élèves et sentiment de ne plus être entendu par le pouvoir politique.

Pour beaucoup d’enseignant·e·s rencontrés sur le terrain, l’école traverse une période de tension importante. Et au-delà des revendications immédiates, c’est surtout une certaine vision de l’enseignement qui est défendue : celle d’une école publique accessible, humaine, solidaire et capable de réduire les inégalités sociales plutôt que de les accentuer.

Car pour celles et ceux mobilisés aujourd’hui, toucher à l’école, c’est toucher directement à l’avenir de la jeunesse.

Écrire au sol pour être enfin visibles

Le choix de la craie n’est pas anodin.

Simple, fragile, effaçable… mais impossible à ignorer lorsqu’elle recouvre les rues d’une ville entière.

Devant les écoles, sur les parkings, dans les quartiers ou sur les places publiques, les messages interpellent les passants :

  • « NON »
  • « Nos élèves méritent mieux »
  • « L’école n’est pas une entreprise »
  • « Investir dans l’éducation, c’est investir dans l’avenir »

Des mots parfois durs. Souvent émouvants. Toujours profondément humains.

Cette mobilisation rappelle aussi que l’espace public reste un lieu d’expression démocratique où la parole citoyenne peut encore exister autrement que derrière un écran.

Des actions visibles jusqu’au 27 mai

Plusieurs actions symboliques sont organisées à Namur dans les prochains jours, notamment autour de la gratuité scolaire, du dialogue avec les citoyens et de la défense d’une école plus égalitaire.

Mais au-delà des rassemblements officiels, ce sont surtout les centaines de petits messages laissés un peu partout qui marquent les esprits.

Une colère écrite à la craie.
Une colère qui peut s’effacer sous la pluie…
mais dont les questions, elles, resteront bien présentes.

Quand l’éducation devient un combat de société

Au fond, cette mobilisation dépasse largement le seul monde de l’enseignement.

Elle pose une question plus large : quelle société voulons-nous construire demain ?

Une société où l’éducation reste un droit fondamental accessible à toutes et tous ?
Ou une société où l’école manque progressivement des moyens nécessaires pour remplir sa mission ?

Dans les rues namuroises, les craies ont parlé.
Et le mot qui revient le plus souvent tient en trois lettres :

NON.

Laurent Frémal

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