Autour de la table, présidents de CPAS, directeurs de l’action sociale, travailleurs de terrain et représentants des réseaux de lutte contre la pauvreté dressent un constat lucide : les CPAS sont aujourd’hui confrontés à une pression sans précédent.
« Les CPAS ne fabriquent pas la pauvreté. S’ils existent, c’est parce que notre société n’a pas réussi à la combattre. »
Cette phrase résume l’esprit de l’émission. Les intervenants rappellent que les CPAS ne sont pas responsables de l’augmentation de la précarité, mais qu’ils en subissent chaque jour les conséquences. L’exclusion de milliers de personnes du chômage, la hausse du coût de la vie, les difficultés d’accès au logement, aux soins de santé ou à l’emploi viennent renforcer une institution déjà fortement sollicitée.
Pour Christine Mahy, secrétaire générale du RWLP, le rôle des CPAS ne devrait pas être de gérer toujours plus de pauvreté, mais de permettre aux personnes de rebondir et de sortir durablement de la précarité. Or, les moyens manquent et les travailleurs sociaux voient leur mission évoluer sous l’effet de réformes successives.
« Aujourd’hui, le travail ne garantit même plus de sortir de la pauvreté. »
Tout au long de cette rencontre, les invités décrivent une réalité complexe. Les assistants sociaux doivent accompagner des personnes confrontées à des difficultés multiples : perte d’emploi, problèmes de santé, isolement, endettement ou encore souffrance psychologique. Ils doivent aussi composer avec des procédures administratives toujours plus lourdes et des décisions politiques prises parfois loin des réalités du terrain.
Les échanges mettent également en lumière les différences qui peuvent exister d’un CPAS à l’autre, les contraintes budgétaires des communes et les conséquences très concrètes des réductions de certains financements. Derrière chaque dossier se trouvent des parcours de vie, des familles et des personnes qui cherchent simplement à retrouver une existence digne.
« Les politiques publiques produisent parfois de la pauvreté, et les CPAS doivent ensuite en gérer les conséquences. »
Au-delà des constats, cette émission donne surtout la parole à celles et ceux qui vivent ces réalités au quotidien. Les intervenants défendent un travail social fondé sur l’écoute, l’accompagnement et le respect des personnes, tout en alertant sur les risques d’une société où les institutions seraient réduites à des missions de contrôle plutôt que de soutien.
Enfin, tous rappellent une évidence : derrière les chiffres, les budgets et les réformes, il y a des femmes, des hommes, des enfants et des travailleurs sociaux qui tentent chaque jour de construire des solutions.
Cette émission spéciale n’a pas pour objectif de désigner des coupables. Elle invite à comprendre, à écouter et à réfléchir collectivement à l’avenir de notre modèle social.
Cinquante ans après leur création, les CPAS restent un pilier essentiel de la solidarité. Mais une question demeure : voulons-nous leur donner les moyens d’accomplir pleinement leur mission de garantir à chacun une vie conforme à la dignité humaine ?