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Chantal Goya à LaSemo

À 84 ans, Chantal Goya a fait revivre les souvenirs d’enfance de plusieurs générations réunies à LaSemo. Sous une chaleur intense, quelques notes ont suffi pour que Bécassine, Pandi-Panda, Guignol et le Chat Botté réveillent des paroles que l’on croyait oubliées. Un concert simple, intergénérationnel et rempli d’émotion, où la magie a laissé toute sa place à l’imagination.

Radio Solidarité

quelques notes, et notre enfance revient

Il faisait chaud. Très chaud.

Une chaleur intense pesait sur LaSemo, sur le public, mais aussi sur les artistes qui se succédaient sur les différentes scènes du festival.

Et pourtant, devant Chantal Goya, quelque chose de particulier s’est produit.

Dans le public, toutes les générations se croisent. Des enfants, des parents, des grands-parents… Certains découvrent cet univers pour la première fois, tandis que d’autres viennent retrouver une partie de leur propre histoire.

Sur scène, pas besoin d’un décor spectaculaire ni d’une multitude de danseurs.

Chantal Goya est là, seule sur cette grande scène.

Et la magie opère.

Une magie simple, presque devenue rare aujourd’hui. Celle qui laisse encore une place à l’imagination. Celle qui n’a pas besoin d’effets spectaculaires pour faire naître des images dans les yeux du public.

Puis arrivent les premières notes.

Et soudain, quelque chose se réveille.

Bécassine, la jeune fille bretonne, Pandi-Panda, le Chat Botté, Guignol… Tous ces compagnons de notre enfance que l’on croyait parfois avoir oubliés reviennent nous rendre visite.

On pense ne plus connaître les paroles.

On hésite quelques secondes.

Puis les premières notes résonnent et, comme surgies du fond de notre mémoire, les paroles reviennent.

Une phrase.

Puis une autre.

Et finalement, petits et grands chantent ensemble.

C’est probablement là que se trouve la véritable force de Chantal Goya.

Réussir, après plus de cinquante ans de carrière, à faire chanter plusieurs générations d’une même famille. Voir des enfants reprendre les mêmes refrains que leurs parents et leurs grands-parents chantaient autrefois.

Pendant quelques instants, les générations ne se succèdent plus.

Elles se rencontrent.

Il y a quelque chose de profondément émouvant à observer des adultes retrouver, le temps d’une chanson, une partie de leur enfance. Les années passent, les vies changent, les préoccupations s’accumulent… mais certaines mélodies restent quelque part en nous.

Il suffit parfois de quelques notes pour ouvrir une porte que l’on croyait fermée depuis longtemps.

Et puis, il y a la performance.

À 84 ans, sous une chaleur intense, Chantal Goya continue d’occuper la scène, de chanter et d’aller à la rencontre de son public.

Une performance qui force le respect, tant les conditions étaient éprouvantes pour les festivaliers comme pour l’artiste.

Nous espérions pouvoir la rencontrer et échanger avec elle à l’occasion de son passage à LaSemo. La chaleur et les conditions particulières de cette journée n’ont finalement pas permis cette interview.

Mais peut-être que l’essentiel était ailleurs.

Devant nous.

Dans ce public où les générations se mélangeaient.

Dans ces adultes qui retrouvaient soudain les paroles de leur enfance.

Dans ces enfants qui découvraient à leur tour Bécassine, Pandi-Panda, Guignol et tous ces personnages devenus, au fil des décennies, les compagnons de plusieurs générations.

À LaSemo, Chantal Goya n’avait peut-être ni grands décors ni troupe de danseurs.

Elle avait quelque chose de beaucoup plus difficile à créer.

Des souvenirs.

Et surtout, cette capacité rare de les faire revivre, simplement, dès les premières notes d’une chanson.

Crédit Photos : ConFestMag
Merci a Fabian Braeckman

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