On nous répète souvent que pour trouver un emploi, il faut un bon CV, de la motivation, de l’expérience et savoir se présenter lors d’un entretien.
Mais que se passe-t-il lorsque tout cela ne suffit pas ? Lorsque votre candidature est écartée à cause de votre nom, de votre origine, de votre sexe, de votre identité de genre, de votre âge ou simplement parce que vous êtes une femme avec des enfants ?
La discrimination à l’embauche existe. Et elle peut commencer bien avant le premier entretien.
Une femme à qui l’on demande si elle compte avoir des enfants. Un candidat dont le nom laisse supposer une origine étrangère et qui n’obtient jamais de réponse. Une personne transgenre qui sent que l’attitude du recruteur change dès qu’il découvre son identité.
Ces situations sont différentes, mais elles posent la même question : est-on jugé sur ses compétences ou sur ce que l’on est ?
En Belgique, la législation interdit les discriminations fondées notamment sur le sexe, l’origine, la couleur de peau, l’âge, le handicap, la religion ou l’orientation sexuelle. L’identité et l’expression de genre bénéficient également d’une protection.
Alors, comment réagir lorsqu’on cherche un emploi ?
D’abord, ne vous autocensurez pas. Si vous possédez les compétences demandées, postulez. Votre origine, votre genre ou votre situation familiale ne doivent pas vous empêcher de présenter votre candidature.
Ensuite, lors d’un entretien, si un employeur vous pose une question déplacée, par exemple : « Vous comptez bientôt avoir un enfant ? », vous pouvez ramener calmement la discussion sur le poste : « Je suis disponible pour remplir les missions prévues et je souhaite surtout vous parler de mes compétences. »
Autre conseil : conservez des traces. Les offres d’emploi, les courriels, les réponses reçues et les échanges écrits peuvent être utiles si vous pensez avoir été victime d’une discrimination.
Et surtout, ne restez pas seul face à cette situation.
En Belgique, vous pouvez contacter Unia pour les discriminations liées notamment à l’origine, à la couleur de peau, au handicap ou à l’âge. Pour les discriminations liées au sexe, à la grossesse, à l’identité ou à l’expression de genre, vous pouvez vous adresser à l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes.
Ces organismes peuvent vous informer sur vos droits et examiner votre situation.
Attention toutefois : un refus d’embauche n’est pas automatiquement une discrimination. Mais lorsqu’un refus semble lié à un critère protégé plutôt qu’aux compétences, il mérite d’être examiné.
Et rappelons une chose aux employeurs : recruter, c’est rechercher des compétences. Ce n’est pas choisir une origine, un sexe, une couleur de peau ou une identité de genre.
Pour terminer, un conseil à toutes celles et ceux qui cherchent un emploi : ne laissez pas les préjugés des autres définir votre valeur professionnelle.
C’était votre Coach Emploi sur Radio Solidarité, la voix qui unit.
Pour accompagner la chronique sur le site
Titre : Discrimination à l’embauche : votre nom, votre sexe ou votre genre ne sont pas des compétences
Conseil pratique à retenir : Après un entretien suspect, notez immédiatement la date, le nom de votre interlocuteur et les propos tenus. Vous pouvez également demander une attestation de présentation à l’entretien et, le cas échéant, le motif du refus. Travail et Concertation sociale+1
Contacts utiles en Belgique :
- Unia : discriminations liées notamment à l’origine, au racisme, à l’âge ou au handicap.
- Institut pour l’égalité des femmes et des hommes : discriminations liées au sexe, à la grossesse et au genre.
- Numéro gratuit commun : 0800 12 800 (choix 1 pour l’Institut, choix 2 pour Unia). aide.igvm-iefh.belgium.be+1